Combien gagne une famille d’accueil (salaire et rémunération) ?

salaire famille d'accueil

Plusieurs raisons peuvent faire que l’on veuille devenir une famille d’accueil. On peut avoir un besoin de travailler, un besoin d’argent en urgence, ou une empathie particulière pour les gens qui ont besoin d’aide. C’est ainsi que l’on peut se retrouver à garder des enfants de la DASS ou a accueillir une personne âgée ou handicapée chez soi. Reste que le statut interroge, à savoir  quel est le salaire d’une famille d’accueil et si c’est imposable ou non. Si l’aventure vous tente, préparez votre lettre de motivation !




Comment devenir famille d’accueil ?


Il y a une procédure particulière à respecter et les conditions restent quand même assez restrictives pour obtenir l’agrément. La rémunération ne doit pas être le seul facteur déclencheur, et si par exemple vous avez uniquement besoin d’un prêt pour une famille nombreuse mieux vaut chercher une autre source de revenu. Car il s’agit d’un métier à part entière, qu’il faut exercer avec le plus grand sérieux, les personnes recueillies étant particulièrement fragiles du fait de leur âge ou de leur situation.

Demander l’agrément


Sans lui, impossible d’exercer. Etre assistant familial, c’est d’abord être reconnu comme capable de le devenir. C’est au département de se prononcer. Les services concernés donneront leur aval, ou pas, pour une durée de 5 ans. Passé ce délai, il faudra le demander à nouveau (pensez à vous y prendre assez tôt, l’idéal étant 3 mois avant) en recommençant la procédure du début. Mais ce n’est pas parce qu’on vous dit oui que tout est terminé, car en principe, vous serez régulièrement contrôlé par les mêmes services pour être certain que vous respectiez bien toutes les règles relatives à cette marque de confiance quand à vos capacités à être une famille d’accueil. Ainsi, en cas de manquement, l’agrément pourra vous être retiré en cours de route. Des procédures d’urgence sont prévues à cet effet.

Car avoir des gens chez soi, et s’en occuper n’est pas une mission de tout repos. On va vous confier des personnes qui ont besoin d’un cadre de vie et d’un entourage leur permettant de se sentir bien. Le plus souvent, ce sont des mineurs et des jeunes enfants, sans trop de repères.




Les conditions pour l’obtenir

Il faut être en bonne santé (il ne s’agit pas que vous ne puissiez pas physiquement remplir vos tâches) et un examen médical viendra l’attester. Il ne faut pas avoir été condamné pour quoi que ce soit, et avoir un casier judiciaire vierge est fondamental. Le logement, lui, doit être assez grand et assez équipé pour recevoir de nouvelles personnes extérieures au cercle familial. Les enfants doivent avoir leur propre espace pour s’épanouir et se sentir comme chez eux (c’est le but à atteindre).

Bon à savoir : le département, avant de délivrer l’agrément organise des réunions d’informations. Celles-ci sont importantes, car elles permettent de se familiariser avec cette fonction et de poser toutes les questions qui vous passeront par la tête. Il n’y a pas de questions idiotes, donc n’hésitez pas à prendre la parole.




Ce qu’il faut savoir pour monter le dossier

C’est l’administration, donc il y a des pièces à fournir. D’abord un certificat médical, comme il est dit un peu plus haut dans cet article. Celui-ci va attester de votre capacité à accueillir des enfants, ou le cas échéant une personne âgée. Ensuite, un extrait de casier judiciaire. Si vous avez fait de la prison, il y a sans doute peu de chances que vous obteniez l’agrément. Attention : toutes les personnes adultes vivant sous le même toit que la personne déposant le dossier pour devenir assistant familial doivent fournir cet extrait.

Le dossier se demande, et se renvoie (ou se dépose en mains propres) à la Sous Direction de la planification de la PMI et des familles dont les bureaux sont en principe au conseil départemental. Une fois complété, celui-ci sera étudié en vue d’obtenir l’agrément. S’il n’est pas complet, on devrait revenir vers vous sous 2 semaines pour les pièces manquantes. Mais il ne s’agit ici que de la première étape, la deuxième consistant à des entretiens poussés sur vos motivations qui ressemble à peu de choses près à une véritable enquête et à une visite approfondie de votre lieu d’accueil (appartement ou maison : puéricultrices et assistantes sociales vont s’y succéder pendant un bon moment) Quant au psychologue : vous ne pourrez pas y couper. Les critères à respecter sont les mêmes pour tous, inscrits sur une grille prévue à cet effet, donc pas de discrimination possible.

La décision finale, pour vous remettre le précieux sésame peut prendre un peu de temps, au vu de l’importance de la tâche. Comptez 4 mois pour savoir. Si après 120 jours, rien n’arrive dans votre boîte aux lettres, c’est que l’accord est effectif. Selon les familles, et leurs capacités d’accueil, elles pourront accueillir un ou plusieurs jeunes (pas plus de 3 de toute façon), ce nombre sera précisé dans l’agrément définitif. Mais un refus est toujours possible, donc ne criez pas victoire trop tôt. Celui-ci sera obligatoirement motivé si tel est le cas.

Sachez le : c’est un véritable métier !


Ce n’est pas quelque chose d’anodin de recevoir un enfant à la maison. Ils dépendent presque tous de la protection de l’enfance, c’est à dire qu’ils ont vécu des traumatismes forts, à divers degrés, et qu’en ce sens, ils peuvent avoir besoin d’un surcroit d’amour et d’attention. Etre séparé de ses parents (pour ceux qui en ont encore) est très lourd à supporter, même s’ils ne sont pas les meilleurs parents du monde. Les familles d’accueils ne les remplacent pas mais elles ont leur rôle à jouer pour rendre la séparation moins difficile.

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Pour accueillir un enfant, il faut un agrément, mais dans certains cas, une formation spécifique ou un diplôme peuvent être nécessaires. D’ailleurs une formation courte de 60 heures est obligatoire avant de recevoir son premier enfant à la maison. Elle sera complétée par une autre 4 fois plus longue centrée surtout sur la psychologie et le juridique à l’issu de laquelle vous pourrez passer le diplôme d’État d’assistant familial (DEAF). Pas de panique : si vous le ratez, vous pourrez quand même accueillir des enfants, mais avec celui-ci en poche, pas besoin de demander le renouvellement de son agrément.

Une fonction pas évidente

Une famille d’accueil peut être amener à ouvrir son coeur à un enfant pendant de longues années, mais aussi sur des durées beaucoup plus courtes, ce qui rend les relations parfois plus difficiles à gérer. Faire la part des choses n’est jamais évident. Heureusement, les travailleurs sociaux sont là pour vérifier que tout se passe bien et apporter leur expérience. Si le courant ne passe pas avec un enfant, ce qui peut toujours arriver, ce n’est pas dramatique. Bien souvent, il sera changé de famille et on vous en confiera un autre. Ce qui est important, c’est de toujours faire preuve d’autant d’affection, quel que soit l’enfant. Mais nous sommes tous des êtres humains, et ce n’est pas toujours facile d’être à la hauteur.

Trouver un employeur

Ce n’est pas le tout de recevoir l’agrément. Ce n’est pas avec le papier en poche que l’on va directement vous confier des enfants. C’est à la personne titulaire de trouver elle même l’organisme qui va l’employer en ce sens. Bon, ils sont quand même assez nombreux, et quelques lettres de motivations + CV devraient suffirent. Quelques pistes : services sociaux départementales, associations, services médicaux spécialisés…

Lors de l’entretien d’embauche, on vous posera sûrement tout un tas de questions sur la réalité de votre engagement aux services des autres, même s’il y a une rémunération au bout. L’assistante sociale vérifiera votre maîtrise de la langue française et votre capacité à échanger, et à écouter. Ceux qui ont un mode de vie un peu spécial, même si cette notion est assez floue, risque d’être particulièrement questionnés.

La délicate question de l’autorité parentale

C’est un des principaux écueils à surmonter. Car accueillir un enfant chez soi, ça ne veut pas dire avoir l’autorité parentale. Si celui-ci a encore un ou ses 2 parents en vie, il y a fort à parier que ce sont eux qui auront cette autorité là. Il faudra donc faire avec, pour tout ce qui touche le quotidien où celle-ci est nécessaire. Pas toujours évident à gérer, selon les parents et les enfants, d’autant plus si on a soi même des enfants, ces derniers ne comprenant pas toujours la différence de traitement pouvant résulter de cette question épineuse. Il faudra donc trouver sa place avec le plus de justesse possible dans tout cet imbroglio familial et savoir désamorcer les situations complexes qui ne manqueront pas de se produire.

Dans la série des équations difficiles à résoudre, évoquons aussi celle du départ de l’enfant. Quand on s’y est attaché, c’est toujours un crève-coeur. Il n’y a pas de solution miracle, c’est donc à chacun de faire au mieux.

Combien gagne une famille d’accueil en France ?


Tout travail mérite salaire, et celui-ci n’est pas le job le plus facile, loin de là. Pour la famille, c’est aussi la possibilité de mettre du beurre dans les épinards, tout en restant à la maison. Idéal donc quand on doit aussi s’occuper de ses propres enfants en bas âge. Le salaire d’un assistant familial est un peu en dessous du SMIC. Il recevra ainsi chaque mois 1143 € brut par enfant accueilli. De cette somme, il faut enlever les cotisations sociales. Si vous avez 2 enfants confiés, il faudra multiplier cette somme par deux.

combien gagne une famille d'accueil

S’y ajoute également une indemnité complémentaire pour l’entretien, et une autre si l’enfant est handicapé ou a une maladie qui nécessite des soins et une vigilance particulière. Autres indemnités pouvant s’appliquer le cas échéant : attente entre les accueils, suspension d’agrément, disponibilité pour l’accueil d’urgence. En parallèle, l’enfant reçoit de l’argent de poche provenant de la région pour ses loisirs, vêtements, matériel scolaire sorties et cadeaux.

Bon à savoir : la rémunération des assistants familiaux n’est pas la mêmes dans tous les départements. Certains peuvent gagner 1/3 en plus ou en moins que les autres. C’est le département qui place l’enfant qui règle la note, et non celui où l’enfant est placé. Le calcul n’est donc pas toujours facile à faire. Quoi qu’il en soit, on ne devient pas riche lorsqu’on s’occupe d’un ou de plusieurs enfants !

Et comment cela se passe-t-il chez nos voisins francophones

Afin de savoir si le salaire est juste, il est bon de comparer avec ce qui se passe ailleurs. Prenons la rémunération au Québec. Elle est plus élevée qu’en France, en tout cas depuis les nouvelles normes puisque les familles d’accueil sont maintenant syndiquées ! Si c’est la famille proche qui s’occupe d’un enfant, elle perçoit aussi une rémunération pour cela. Reste que la règle peut conduire à certaines dérives.

En Belgique, où la demande est forte, on fait tout pour attirer des familles d’accueil car on en manque cruellement et les listes d’attentes s’allongent.

Accueillir un enfant juste pour les vacances


Beaucoup d’enfant n’ont pas la chance de partir en vacances, souvent faute de moyens de leurs propres parents. C’est pourquoi de nombreuses associations Secours Populaire, Secours Catholique, Croix Rouge) interviennent dans cette période cruciale pour le développement qu’est l’été. Il est donc tout à fait possible d’accueillir un enfant défavorisé seulement pour les vacances. Point important : la famille doit être volontaire. Pour celle qui veut le devenir, il faut se porter candidat auprès des associations concernées. Encore une fois, la démarche doit être mûrement réfléchie entre toutes les personnes (enfant compris) qui composent la cellule familiale. Attention à bien avoir la place pour un nouvel arrivant, et à ne pas mélanger filles et garçons, en tout cas dès qu’ils sont sortis de l’enfance.

Une famille de vacances est une alternative à la colonie. La démarche n’est pas tout à fait la même puisque l’idée est aussi de passer quelques semaines dans un environnement stable. Le jeune qui est accueilli dans ses conditions doit donc aussi être demandeur. Si c’est la première fois, 15 jours semble être une durée raisonnable.

Accueillir une personne âgée ou handicapée


Les vieilles personnes (+ de 60 ans), et celles qui sont dépendantes (majeures et pas encore retraitées) peuvent aussi avoir besoin d’un accueil familial direct. Le principe va être lue même, celui d’ouvrir sa porte à quelqu’un qui en a besoin, et de le nourrir, de lui réserver une chambre et d’entretenir son linge. Comme pour un enfant, la famille sera rémunérée pour cela. Pas plus de 3 personnes âgées accueillies à la maison, même si celle-ci est immense. Pour beaucoup d’entre elles, qui ne peuvent plus rester seules à la maison, c’est la possibilité d’éviter d’aller dans une structure d’hébergement collective. La coupure avec une vie à son propre domicile est moins brutale quand on passe par cette phase de transition. Mais il n’y a pas de formule figée, et l’accueil peut tout à fait se faire à mi-temps ou seulement la nuit, pendant les vacances ou pour un week-end, histoire de se changer les idées et de laisser souffler les personnes qui s’en occupent habituellement.

Le financement

Pour les personnes âgées ou les handicapés qui bénéficient de ce service, il y a des aides pour rémunérer la famille d’accueil : APL, l’aide social du département… Pour celles qui ont des enfants, ou des parents pouvant payer pour elles, il y a des déductions fiscales à la clé car elles sont considérées comme des pensions alimentaires. Au final, il faut quand même tablé sur un coût total de 1500 euros par mois, à peu de choses près.

Avoir besoin d’être accueilli : comment s’y prendre ?

Si vous êtes dans le cas où une famille d’accueil vous intéresse, encore faut-il la trouver ! Il y a quelques annonces sur Internet, mais quand on ne maitrise pas bien l’outil informatique, on peut passer par le conseil général, le département étant à même de regrouper les demandes en ce sens et de réguler l’offre et la demande. Le service concerné doit même en principe avoir dans ses tiroirs une liste des familles agréées, et se doit de la communiquer à qui bon le souhaite. Si malgré tout, après ces démarches, vous en êtes toujours au même point, rien ne vous empêche de passer une petite annonce dans le journal local pour trouver la perle rare qui vous aidera à passer au mieux vos vieux jours. Pensez également à faire jouer le bouche à oreille, il y a forcément un voisin autour de vous qui connait quelqu’un qui lui même connait quelqu’un…

accueillir une personne âgée

Une fois la famille trouvée, il faut signer un contrat d’accueil entre les deux parties qui en reprendra toutes les modalités, notamment financières ainsi que les droits et les devoirs qui y sont attachés. N’oubliez pas que cette personne, ou se couple, à le droit de prendre des vacances. Il faudra donc prévoir une solution de rechange pour ces jours de congé. Enfin, il faudra se déclarer à l’URSSAF en tant qu’employeur et régler les charges.

Accueil familial direct : déclaration et rémunération

Pour une rémunération la plus simple possible, il est recommandé d’utiliser les services du Cesu. Une simple déclaration mensuelle en ligne permet de régler les charges et de salarier la personne. Ceux qui ont une femme de ménage à la maison l’utilisé déjà. Aucun calcul compliqué à faire, c’est la machine qui fait tout, et au centime près. Des formalités d’employeur simplifiés, c’est un grand ouf de soulagement, que l’on ait 30, 50 ou 90 ans ! Pour l’accueillant, c’est la garanti de recevoir un bulletin de salaire reprenant toutes ses heures travaillées.

La vie d’une famille d’accueil ne sera de toute façon pas un long fleuve tranquille. Mais c’est un choix qui a du sens, et qui remet l’humain au coeur du foyer, ce que notre société a malheureusement un peu tendance à oublier.