Reprendre une SARL en liquidation judiciaire : comment sauver une entreprise en difficulté ?

entreprise en liquidation

La liquidation judiciaire (à ne pas confondre avec le redressement judiciaire) permet d’acheter une SARL à moindre coût, le dépôt de bilan entraînant généralement une liquidation des actifs à bas prix : fonds de commerce, mobilier, fichier clientèle, machines… Mais racheter une entreprise en faillite, c’est aussi reprendre les salariés et les dettes, avec ce que cela implique comme mesures d’urgence et de solutions à mettre rapidement en place pour transformer un échec en sucess story. Il y a quelques ornières dans lesquelles ne pas tomber pour redresser une société défaillante.




 

Reprendre une entreprise défaillante : les pièges à éviter


Vouloir profiter des bas des autres fait partie du jeu dans le monde de l’entreprise, mais cela est-il vraiment une bonne affaire ? Si certains ont gagné des millions en rachetant, redressant, et revendant, d’autres s’en mordent les doigts et y ont laissé leur chemise. Car les risques sont nombreux à se lancer dans une affaire qui n’est pas très vaillante, surtout s’il y a des employés à reprendre dont vous devrez respecter les contrats de travail en cours. On est ici assez loin du statut d’auto-entrepreneur.

Avant de signer, faites un point sur la situation réelle de la boîte et vérifiez les chiffres qu’on vous avancent. Y-a-t-il d’autres fournisseurs en attente de paiement, des dettes cachées, des échéances négociées ? Il faut donc faire un audit complet et sérieux avant de rencontrer les salariés et éventuellement de se faire aider pour cela par les plus motivés. Sachez vous entourer des bonnes personnes : un bon avocat et un excellent expert comptable.




 

Se poser les bonnes questions

Le marché peut-il redécoller ? Car si vous vous lancez dans la reprise d’une liquidation, c’est que vous pensez à un moment ou à un autre repasser par la case des bénéfices. Enlevez vos ornières et restez pragmatique quant à vos chances de réussite avec les actifs que vous reprenez. Il faut donc savoir si le produit peut encore trouver sa place auprès des consommateurs. Les raisons de l’échec de votre prédécesseur sont aussi très importante : était-ce une histoire de conjoncture, de mauvaise gestion ?

Quelle que soit votre décision finale, ne tardez pas trop à vous décider. Une entreprise qui va mal coule de jour en jour, et plus le temps passe, plus la situation s’aggrave, et plus il vous sera difficile de rebasculer de l’autre côté du point mort. Pour cela, ne vous fiez pas à votre instinct, mais à vos connaissances intrinsèques du secteur. Ce sont vos compétences qui peuvent vous permettre de réaliser la bonne affaire dont vous rêvez.




 

Il faudra passer à la caisse

Si la liquidation est à un bon tarif, pour relancer la machine, il faudra remettre de l’argent au pot, parfois beaucoup. Et cela sans tarder, prévoyez donc l’enveloppe en conséquence car il n’y aura pas de période d’observation. Il faudra renégocier avec les fournisseurs, et leurs conditions pourraient être revues à la hausse. Même chose pour les crédits bancaires : ne comptez pas sur les banques pour renflouer les caisses d’une société en perdition. Ce sont les nouveaux associés qui devront injecter du cash.

  • Bon à savoir
    Bon à savoir

Sachez que les premiers mois risquent aussi d’être chronophage et que les 35 heures

seront un doux rêve inaccessible. Mais vous en doutiez encore ?

    Ce qu’il faut vérifier avant un rachat d’entreprise


    Préparez vous à éplucher tous les contrats, et selon la taille il peut en avoir beaucoup ! Cela vous permettra d’éviter certains risques inutiles et de connaître le juste prix de ce que vous allez racheter, car se faire avoir dans une liquidation, ça arrive ! Soyez donc incollable sur le bail commercial, les règles qui régissent votre activité, les biens immobiliers éventuels, les dépôts de brevets et marques, le contrat signé avec la banque et les conditions d’assurances.

    Comment savoir ce qu’elle vaut réellement ?

    A part se baser sur le chiffre d’affaire, il n’y a pas grand chose d’autre à faire. C’est à partir de lui que vous déterminerez une certaine valeur intrinsèque qui peut fluctuer à partir d’autres éléments comme l’excédant brut d’exploitation, le marché, et les prix pratiqués par le concurrence. L’EBE est un véritable marqueur pour vous, car il comprend aussi les investissements, les emprunts et les capitaux propres.

    faillite judiciaire

    Les parts vaudront donc la valeur du fonds et de l’actif, moins tout ce qui est dans le passif. Là, c’est à votre expert comptable de jouer pour vous éviter de payer trop d’impôts : droit d’enregistrement et ISF.

    La signature : le moment de vérité

    Il y en aura plusieurs à opposer. La première va concerner l’avant-contrat, celui ou vous vous engager (comme une promesse de vente pour un appartement). Un acompte pourra être versé comme garantie. Préférez la promesse unilatérale de vente au compromis de vente. Celle-ci n’oblige que le cédant à ne pas aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte.

    L’acte de vente ensuite. Dans l’acte doivent absolument figurer les privilèges et nantissements, qui peuvent venir largement diminuer la valeur d’un fonds (vous pouvez toutefois vous les procurer en amont au tribunal de commerce). A indiquer aussi le CA des années n-1, 2, et 3, ainsi que le prix de liquidation a régler.

    Pour éviter toute entourloupette, pensez à bien y adjoindre une clause de non concurrence (qui doit quand même être limitée). Il ne s’agirait que le vendeur aille récupérez ses clients une rue plus loin. Même chose pour le passif. S’il se révélait plus important que prévu, ses nouvelles dettes doivent être à la charge du vendeur (encore faut-il qu’il ait les moyens de les rembourser).

    Des infos en plus

    S’il est possible de reprendre une entreprise en liquidation judiciaire pour 1 euro symbolique, le coût final de l’opération sera forcément plus élevé en raison du règlement des dettes et des investissements nécessaires. Vous pouvez aussi acheter pendant la phase de redressement, si elle a lieu, mais les dirigeants resteraient en place. Si vous cherchez des dossiers de faillite, vous en trouverez sur le site des mandataires judiciaires : www.ajinfo.org. Possibilité d’avoir des renseignements complémentaires sur celui d’infogreffe.

    Comment cela se déroule t-il ?


    Mode d’emploi pour reprendre une entreprise en redressement ou liquidation judiciaire : c’est le liquidateur qui a le premier les cartes en main : délais et conditions. Ensuite, c’est à vous de lui faire une offre, avec votre prix ainsi que la façon dont vous allez relancer l’entreprise. Une fois que cela est fait, vous ne pouvez plus retirer votre offre, sauf à la revoir à la hausse. Le tribunal de commerce choisira ensuite celle qui lui semble être la meilleure.

  • Pour trouver un financement
    Pour trouver un financement

Mon entreprise va déposer le bilan : que faire ? Mettez toutes les chances de votre côté pour vendre au meilleur prix possible. Rien ne vous empêche de chercher des repreneurs vous même. Plus il y a de candidats, et plus cela fait monter les enchères. De plus, les chances de reprise sont multipliées.