Entrepreneur social : le guide du business solidaire (aides financières, financement, prix…)

devenir entrepreneur social

L’entreprenariat social est à la mode, et ouvrir un business solidaire n’a plus rien d’extraordinaire dans une société qui est un peu plus tournée vers l’autre qu’elle l’était auparavant. Monter ce type d’entreprise, c’est aussi pouvoir bénéficier d’avantages permettant de se lancer et de perdurer : des aides financières, des possibilités pour trouver des financements plus facilement, des concours avec des prix en argent… A suivre notre petit guide pour réussir dans un secteur où tout n’est pas gagné d’avance (liquidation judiciaire possible, comme ailleurs), loin de là, pour remettre l’humain au coeur de tout.




 

Comment devenir entrepreneur social ?


Il n’y a pas qu’une seule façon de sauter le pas, heureusement. Ce sont souvent des chemins de vie qui ouvrent la voie, et des volontés bien forgées. S’il est préférable d’avoir de l’expérience dans son secteur, ce n’est pas toujours le secret de la réussite, là où des néophytes peuvent aussi s’épanouir. Ce qui est commun à tous, c’est la volonté d’oeuvrer pour l’intérêt général, dans un monde qui en manque cruellement. Et cela n’est pas incompatible avec le succès : se tourner vers les autres peut aussi rapporter. Travail qui a un sens + bon salaire = que demander de plus ?

La définition d’une entreprise sociale

Les projets doivent améliorer le quotidien des gens, ou bien le rendre meilleur, plus écologique, plus sain, le tout en respectant ses salariés. On peut ainsi vouloir aider les handicapés, aider les chômeurs à se déplacer, recycler, cultiver, bref il y a mille chemins pour aller vers l’intérêt collectif. On peut avoir envie de créer mais aussi de reprendre et de transformer, pour profiter d’une structure déjà mise en place. On peut vouloir se mettre en SCOP pour que chaque participant au projet aient les mêmes droits.




 

Nos conseils

Attention toutefois : une entreprise sociale et solidaire est avant tout un business, et pour qu’il réussisse, il faudra avoir de la volonté, savoir prendre les risques qu’il faut au bon moment, être un bon gestionnaire, ne pas s’entêter si besoin, bref il faudra la faire tourner comme une boîte normale et ne pas perdre de vu sa viabilité économique.

Si vous êtes dans la phase de création, nous vous conseillons de ne pas hésiter à rechercher tous les conseils possibles, pour bénéficier notamment d’une expertise sur le plan de financement, afin de s’assurer que la structure à un avenir, et pas seulement un présent prometteur. Parfois, ne se focaliser que sur l’humain fait perdre la notion de la réalité, mais l’URSSAF (entre autres) est là pour venir vite vous la rappeler. Le réseau entreprendre, l’APCE ou un réseau spécialisé dans votre domaine sont les premiers organismes à contacter.




 

Toutes les aides financières pour les entreprises sociales


La liste est longue, et c’est une vraie bonne nouvelle : des prêts, des garanties, des bourses, des crédits, des subventions, j’en passe et des meilleures. Cela veut-il dire qu’on peut trouver de l’argent plus facilement que pour une activité « normale » ? Rien n’est acquis, et dans tous les cas, il faudra défendre votre dossier bec et ongles devant des jurys, des commissions, des experts, pour recevoir les chèques.

Côté embauche, sachez qu’il est possible de faire des économies de charge si on est une entreprise d’insertion, si l’on emploi un chômeur de longue durée par le biais d’un CIE ou d’un CAE, voir un travailleur handicapé. Renseignez vous aussi du côté de l’aide à taux zéro NACRE.

Les prêts qui peuvent tout changer

La société financière de la NEF (qui est aussi une coopérative) finance les projets à hauteur de dix milles euros et plus sans imposer de forme juridique particulière. Le prêt d’honneur du réseau Entreprendre est lui aussi pour les entrepreneurs sociaux (jusqu’à 50 000 €), à condition que devenir riche ne soit pas la priorité, cela va sans dire.

faire un prêt entrepreneur

Dans la même lignée, obtenir une garantie bancaire lors de son emprunt principal est tout aussi important, car c’est souvent le sésame qui va servir de levier face à son banquier Le fonds de garantie de France Active (à hauteur de 50%) ou celui de la Sogama (70% de l’emprunt) méritent d’être tenter, car qui ne risque rien n’a rien. Allez aussi jeter un oeil du côté des régions, qui ont presque toutes des budgets alloués, sous forme de prêt, pour ce type d’initiative.

Les subventions et les concours : des espèces sonnantes et trébuchantes

C’est une image qui peut faire sourire mais qui correspond à la réalité. Une subvention n’a pas besoin d’être remboursée, et elle ne viendra pas plomber les comptes. Des grands groupes s’investissent financièrement pour soutenir des projets. La fondation Auchan subventionne ceux centrés autour de la jeunesse, la fondation du groupe chèque déjeuner ceux qui permettent de créer des emplois, la Macif ceux qui valorisent la diversité et la mixité.

Le prix BCG de l’entrepreneur social de l’année : un prix pour les porteurs de projet qui innovent, qui veulent passer à l’échelle supérieure, bref qui ont le vent en poupe. A gagner : du coaching en stratégie de haute volée et une présence soutenue dans les médias pour se faire connaître un peu mieux.

Le prix Orange de l’entreprenariat social en Afrique : sont concernés les projets qui servent aux populations africaines. Une dotation eu euros est prévue pour les lauréats ainsi qu’un accompagnement

Ceux qui sont prêts à entrer dans le capital

Avoir un actionnaire supplémentaire, pourquoi pas, s’il partage la philosophie du créateur. L’association Garrigue peut ainsi entrer dans le capital, tout en restant minoritaire, et apporter ses subsides au capital mais aussi au compte courant d’associé, tout comme les « Cigales ». Même chose pour la société d’investissement France Active, qui peut aussi intervenir sur les « gros » dossiers.

Le comptoir de l’innovation

Cette société apporte son expertise et ses solutions a des entreprises qui sont parfois démunis en période de développement ou de recherche de financement supplémentaire.

innovation solidaire

Elle leur permet de grossir et de devenir des gros bateaux dans leur domaine. Toutes les entreprises sociales dans le secteur solidaire sont concernées.

MOUVES: le Mouvement des Entrepreneurs Sociaux

Rien à voir avec la station branchée de Radio France. Le MOUVES agit comme une fédération et un représentant. L’avantage, c’est de pouvoir y trouver des gens qui pensent de la même façon que soi même, qui sont prêts aux mêmes sacrifices, donner de leur temps et de leur personne pour la collectivité. Ce mouvement compte de plus en plus d’adhérents, ce qui est bon signe.

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Et quand est-il en Belgique ?

Le fonds d’investissement au drôle de nom, SI² Fund, fait des heureux, qu’il s’agisse de soutenir des projets en faveur de l’allaitement maternelle ou de la création de salles de fitness dans les écoles belges. SI² Fund agit comme une banque en prêtant à ceux qui ne font pas du profit la seule raison d’être de leur business. On pourra ainsi y emprunter plus qu’un micro crédit (somme à 6 chiffres possible).

  • Bon à savoir
    Bon à savoir

Attention toutefois : il s’agit d’un fonds d’investissement,

donc celui-ci doit atteindre une rentabilité minimale pour exister,

même si il laisse aux sociétés soutenues le temps de rembourser les avances.

Le business solidaire est un sacerdoce mais pas seulement. Il y a une boîte à faire tourner, avec des salariés qui compte sur les créateurs pour pérenniser leur emploi dans le temps. Si de nombreuses aides financières permettent de se lancer, il faut le faire à bon escient, avec une vision à long terme. C’est l’avenir de tous qui y est en jeu.