Emprunter en étant malade : comment obtenir un crédit immobilier avec des problèmes de santé ?

emprunt aeras

Acheter une maison quand on a des problèmes de santé, c’est une autre épreuve à passer, les banquiers n’étant pas des philanthropes, leur job consistant à limiter les risques au maximum. La principale difficulté restant à trouver un assureur qui va accepter d’assurer le crédit. Pour permettre à une personne d’emprunter avec des problèmes de santé, l’état a créé la convention AREAS qui donne accès au crédit immobilier pour les personnes malades.




 

Emprunter quand on a une maladie grave


Pour obtenir un prêt après un cancer, ou faire un achat immobilier quand on est encore en soin, il n’y a pas 36 solutions : il faut passer par la convention AREAS. Le mécanisme va être celui de la garantie de l’emprunt contracté sur le long terme. Voici comment elle fonctionne.

Un crédit ne peut se prendre sans assurance

Quand on veut acheter une maison, ou bien changer sa voiture, et quand n’a pas les moyens de payer cash, il faut souscrire un emprunt. Que l’on soit malade ou en bonne santé, il va falloir montrer à sa banque qu’on gagne chaque mois de quoi payer la mensualité, mais aussi prendre une assurance, pour éliminer le facteur risque : décès, invalidité, perte de son emploi… C’est là où les problèmes commencent pour quelqu’un qui a quelque chose de grave. Les problèmes de santé ne sont pas en odeur de sainteté auprès des assureurs. Le plus souvent, ils vont refuser le dossier, ou bien appliquer une surprime qui va rendre le crédit impossible à souscrire dans ces conditions là.




 

Emprunter avec un risque aggravé de santé


Avant la convention AREA, c’était la double peine qui s’appliquait aux gens malades : souci de santé + refus de crédit. Depuis 2007, cela a en partie changé, et les banques signataires se sont engagées à proposer des assurances décès et invalidités qui soient raisonnables. Elles acceptent donc de jouer le jeu et de prendre un peu plus de risques qu’avec une personne en bonne santé. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de surprime. C’est simplement qu’elle va être limitée. Une nouvelle convention AREAS devrait bientôt être signée visant à donner plus d’infos aux emprunteurs et à leur permettre d’emprunter de plus grosses sommes grâce à ce dispositif.




 

Quels sont les crédits concernés ?

AREAS ne s’applique pas à tous les emprunts d’argent. Ainsi, les crédits à la consommation, revolving et renouvelables ne sont pas concernés, ceci afin de ne pas aggraver la situation financière personnelle d’une personne malade. Ainsi, lors de la demande de prêt et du dépôt du dossier, il faudra être précis quand à la destination de l’argent emprunté. S’agit-il d’un prêt pour une voiture neuve ? Si oui, il faudra l’indiquer.

Il est possible de financer l’acquisition de sa résidence principale avec la convention AREAS, tout comme ses véélités d’entrepreneur. La création d’entreprise entre dans le champ d’application de ce système de garantie pour les personnes malades.

Les règles pour en bénéficier

Pour l’emprunt d’une grosse somme d’argent, il va falloir répondre à un questionnaire médical, étape désagréable mais obligatoire. Une personne de plus de 70 ans ne pourra se voir octroyer de prêt avec ces conditions. Pour le moment, il n’est pas possible d’emprunter + de 300000 euros pour l’achat d’un appartement ou d’une maison. Important : la banque est habilitée à demander des justificatifs.

  • Bon à savoir
    Bon à savoir

Si vous emprunter moins de 15 000 euros, et que vous n’êtes pas encore quinquagénaire,

il n’y aura pas de questionnaire de santé pour pouvoir prétendre à une assurance décès.

Pour cela, le remboursement ne devra pas dépasser 48 mois.

Comment obtenir son crédit immobilier quand on est malade ?


Que signifie AERAS ? Assurer et Emprunter avec un risque aggravé pour la santé. Ce qui veut dire, concrètement, qu’un banquier ne peut pas vous fermer la porte au nez, à partir du moment où il est signataire de cette convention. Même en étant gravement malade, il est possible de faire un crédit.

En savoir plus sur AERAS

En plus des modalités précédemment évoquées, il faut savoir que des aménagements dans le traitement des dossiers sont prévus pour les personnes malades. Ainsi, des processus permettant d’accélérer la demande sont mis en place. De plus, la banque ou la compagnie d’assurance faisant partie de la transaction à un devoir de confidentialité. Elle ne peut révéler à des tiers votre état de santé. Enfin, dans le cas où existeraient des problèmes de « compréhension » ou de litiges entre la banque et l’emprunteur, la possibilité existe de saisir un médiateur.

L’emprunt est-il garanti à 100 % ?

Nous ne sommes pas dans le meilleur des mondes, et malgré la convention AERAS, des dossiers peuvent être refusés par les banques en cas de maladie grave (notamment). Quand on sait qu’une surprime peut atteindre 300 %, on comprend mieux pourquoi certains malades abandonnent l’idée d’acheter.

Comment choisir son assurance et son crédit ?


Même malade, vous avez le droit de faire jouer la concurrence, et surtout, vous devez le faire ! Il faut savoir qu’il n’est pas obligatoire de souscrire son assurance là où on a fait le crédit. Par contre, il faudra fournir à la banque les renseignements suivants sur son assurance : nom de la compagnie, numéro de dossier et garanties comprises dans le prix, celle du décès restant la plus importante, notamment en ce qu’elle protège les héritiers.

choisir son assurance

Avant de vous décider à acheter, ou de choisir une banque pour emprunter, surtout s’il s’agit d’une grosse somme, il va falloir faire le tour des banques de la place. C’est un expression pour dire, simplement, qu’il faut prendre son bâton de pèlerin et se rendre dans tous les établissements bancaires (les principaux) en comparant les taux et les surprimes qui pourraient s’appliquer par rapport à votre maladie.

Des comparateurs de taux existent sur le net. Assez faciles à utiliser, ils permettent de se faire une première idée de la différence qui peut exister entre deux établissements bancaires, et les curieux vont être surpris : elle est parfois énorme !

Emprunter en étant séropositif


Nous tenons à développer ici deux maladies graves qui peuvent « entacher » les relations avec sa banque quand il s’agit de faire un crédit, même s’il ne s’agit que de 20000 euros pour acheter une voiture. Commençons par la première : emprunt et sida.

Si les discriminations sont interdites dans la plupart des secteurs de la vie sociale, notamment en ce qui concerne l’état de santé, ça ne concerne pas les assurances. Il faut donc distinguer les informations qu’on donne à sa banque, et celles qu’on donne à son assureur. Pour ce dernier, il faudra remplir un questionnaire de santé, et éventuellement se prêter à un rdv avec un médecin et des examens complémentaires. Attention aux fausses déclarations, elles peuvent entraîner la nullité du contrat.

Une personne séropositive qui cherche à emprunter a le droit de le faire, et d’être assurée, grâce à AERAS. Si la banque refuse de vous assurer, il faut s’adresser à d’autres compagnies d’assurance. Afin de ne pas perdre trop de temps, notamment en cas d’achat immobilier, mieux vaut faire la demande auprès d’autres assureurs avant d’avoir la réponse de sa banque. Comme dit le proverbe, mieux vaut prévenir que courir. Pour ceux qui n’ont pas la possibilité de courir après les assureurs, sachez qu’il existe des courtiers qui sont spécialisées dans les prêts pour personnes malades.

Emprunter après un cancer


Avoir le cancer et vouloir faire un prêt, c’est un double défi : guérir et convaincre son banquier ! Mais emprunter avec une pathologie grave est possible, surtout pour les personnes qui sont sorties, même si le risque de santé reste important pour les compagnies d’assurance.

Il faudra remplir un questionnaire médical, au moment de souscrire son prêt, saut pour les emprunts inférieurs à 15000 euros.

Que faire si le prêt est refusé ?

Si le crédit n’est pas accordé parce que la banque ne veut pas assurer le prêt, il faut commencer par demander à ce que votre demande soit réexaminée. Pour cela, s’adresser au Bureau Commun d’Assurances Collectives. Si ça ne passe toujours pas, il faut faire appel à un courtier. Les associations qui luttent contre la maladie, comme la ligue nationale contre le cancer peuvent aussi avoir des solutions à apporter, ou du moins de bons conseils à donner.

  • Crédit : attention au surendettement
    Crédit : attention au surendettement

En définitif, emprunter quand on est malade n’a rien d’une promenade de santé. Le jeu de mots était facile, mais mieux vaut dédramatiser. Obtenir un crédit immobilier dans ses conditions n’est pas impossible. Mais c’est un combat à mener. Une de plus.